Comment Devenir Un Monstre Dissertation

Corrigé

Dans le corrigé sous forme de plan figurent des exemples, mais certains paragraphes doivent être alimentés d’exemples personnels. Les titres en couleur ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

« Madame Bovary, c’est moi », aurait dit Flaubert, parlant de son héroïne. Qu’un écrivain se projette dans son personnage n’est pas étonnant. Il est en revanche moins évident que le lecteur s’identifie à un personnage de roman. Dans une lettre, Flaubert précise : « Ma pauvre Bovary, sans doute, souffre et pleure dans vingt villages de France à la fois, à cette heure même. » Lorsqu’on est une de ces Bovary, en est-on plus captivée par le roman de Flaubert ? Pour apprécier un roman, est-il nécessaire de se reconnaître dans l’un de ses personnages ? Certes, l’identification au héros contribue à rendre la lecture plus captivante . Mais des personnages auxquels on ne saurait s’identifier ne présentent-ils pas aussi des attraits  ? N’y a-t-il pas d’autres raisons de s’intéresser à un roman  ?

I. Pourquoi l’identification rend-elle un roman captivant ?

1. Définition et conditions de l’identification à un personnage

  • d’abord (définition 1) [exemple à développer : un adolescent se reconnaît dans Augustin Meaulnes d’Alain-Fournier]. C’est aussi chercher à « entrer dans sa peau » et (définition 2) [exemple à développer].
  • Mais on ne peut s’identifier à un personnage qu’à . Selon la définition 1, il est nécessaire que le personnage , moyenne (exemple à développer : Frédéric Moreau dans L’Éducation sentimentale de Flaubert), mais aussi que ce personnage et sa destinée et son histoire intime : (âge, milieu social, caractère, préoccupations, épreuves…) [exemples à développer: les ouvriers se reconnaissent dans le Maheu de Germinal (Zola), les traders actuels dans Bel-Ami (Maupassant)…]. Selon la définition 2, il est nécessaire que le personnage soit , donne envie de lui ressembler [exemple à développer :le docteur Rieux dans La Peste (Camus)].

2. Quel intérêt à se reconnaître dans un personnage de roman ?

  • Comme dans la vie, avec celui qui nous ressemble. Le lecteur partage la vision du monde et les valeurs du personnage, il se réjouit ou compatit avec lui, partage ses émotions et ses sentiments plus aisément, entre en résonance avec lui : « J’avais si bien le goût de l’arsenic dans la bouche – dit Flaubert quand il écrit l’empoisonnement de Mme Bovary –, j’étais si bien empoisonné moi-même que je me suis donné deux indigestions coup sur coup – deux indigestions réelles » [exemples personnels].
  • Le lecteur voit une image de lui-même [exemples personnels] : or on aime à .
  • Le romancier permet au lecteur de en lui faisant découvrir des aspects cachés de sa personnalité, qu’il ne saurait, immergé dans la vie, analyser lui-même [exemples personnels].
  • La dimension humaine des personnages réalistes permet aussi de . Le but suprême du romancier est de nous faire connaître et aimer l’âme humaine, dans sa grandeur comme dans sa misère.

3. Quel intérêt à vouloir ressembler à un personnage qui pourrait être moi ?

  • Cela permet de non vécues dans la réalité mais potentiellement réalisables. On peut  : le lecteur s’interroge alors sur ce que lui-même adopterait comme comportement dans les situations – agréables ou critiques – vécues par le personnage [exemples personnels].
  • Cela permet au lecteur de qu’il n’a pu concrétiser, de vivre des aventures par personne interposée, de prendre une revanche sur la vie.
  • Cela permet d’ : « Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin » (Camus) [exemples personnels].
  • Le personnage peut enfin représenter, lorsqu’on s’identifie à un héros plus exceptionnel, un [exemples personnels].

Être en empathie avec un personnage intensifie l’intérêt que l’on porte au roman. Est-ce à dire que le destin de personnages dans lesquels on ne se reconnaît pas ne présente pas d’intérêt ?

II. Peut-on être captivé par un personnage auquel on ne peut pas s’identifier ?

1. L’identification est parfois difficile, voire impossible

Le lecteur peut-il vraiment se reconnaître :

  • dans [exemples personnels] ? Son insipidité, ses contre-valeurs ne sont alors pas celles du lecteur ;
  • dans  ? Les personnages du mal, si fréquents dans le roman, provoquent plutôt le dégoût et la haine [exemples personnels]. Ce sont parfois des monstres (exemples : Grenouille dans Le Parfum, de Süskind ; Vautrin dans Le Père Goriot, de Balzac…) ;
  • dans pour être vrai et créer l’illusion de la réalité ? Ce sont les personnages de romans de science-fiction, les héros s’apparentant à ceux de l’épopée… [exemples personnels].

2. Pourquoi s’intéresser à un personnage différent de soi ?

  • Lorsque le personnage est trop semblable à lui, le lecteur risque de s’ennuyer : l’impression de déjà-vu ôte de l’intérêt au roman (cas du Nouveau Roman). Car la fonction du roman est aussi de hors du monde quotidien [exemples des personnages de science-fiction].
  • Suivre le parcours d’un être différent de soi permet de , de ressentir ses émotions, de du sien, ses motivations [exemples personnels].
  • Cela peut même , par la confrontation avec un autre qui a des réactions ou un point de vue différents des siens [exemples].

3. Le cas spécifique de l’attrait pour les personnages du mal

  • Le personnage monstrueux ou maléfique est  : « Les “cœurs sur la main” [= les personnages vertueux] n’ont pas d’histoire : mais je connais celle des cœurs enfouis et tout mêlés à un corps de boue » (Mauriac à propos de son héroïne Thérèse Desqueyroux).
  • Il est souvent . Il attire comme une énigme à déchiffrer : comment a-t-il pu en arriver à ce degré d’abjection ? [Exemples personnels.]
  • Il , soit par contraste, soit parce qu’il lui révèle sa face cachée enfouie dans l’inconscient ; en un sens il lui permet de mieux connaître ses propres forces obscures dans lesquelles il ne se reconnaissait pas dès l’abord.
  • Il exerce sur le lecteur la , qui peut déboucher sur la catharsis (assouvissement de ses mauvais penchants par personne interposée) [exemples personnels].

III. S’intéresse-t-on à un roman seulement pour son/ses personnage(s) ?

L’attrait d’un roman ne provient pas uniquement de ses personnages.

  • L’intérêt pour l’ plus que pour les personnages : suspense, aventures et péripéties (le roman d’aventures, le roman policier…)
  • L’intérêt pour la , la  : les romans engagés (La Condition humaine, de Malraux ; La Peste, de Camus…), la peinture d’une société, la reconstitution d’un monde, d’une époque, la valeur de témoignage (romans historiques), la réflexion sur la société à travers un monde imaginaire [exemples : 1984, La Ferme des animaux, d’Orwell ; Fahrenheit 451, de Bradbury, qui sont comme des apologues].
  • L’intérêt pour l’ : la beauté de certaines descriptions (romans de Giono), l’étrangeté du style.

Conclusion

L’une des « recettes » de l’écrivain pour assurer le succès de ses romans est la création de personnages dont le lecteur se sente proche. Mais ce n’est là qu’un moyen parmi d’autres. Si le roman attire des lecteurs divers, c’est parce que c’est un genre très complexe, dont la vitalité se marque dans le renouvellement constant de ses formes : roman d’analyse, d’aventures, de science-fiction, de mœurs, roman policier…

Conseil

Les parties suivent un fil logique grâce aux transitions qui comportent une conclusion partielle et annoncent la partie suivante.

Jean Barbe : Comment devenir un monstre

Par Les libraires, publié le 02/11/2004

En chacun de nous sommeille un personnage monstrueux, un être qui n’a rien à voir avec ces créatures imaginaires qui habitaient les placards de notre enfance : une bête horrible qui reste indissociable de soi.

C’est cette part d’ombre que Jean Barbe a cherché à révéler à travers son deuxième roman, Comment devenir un monstre : « J’ai voulu créer un personnage monstrueux avec lequel il est possible de s’identifier et révéler la part de monstruosité en nous », déclare-t-il. Ce monstre, c’est un homme comme les autres, qui se terre dans son mutisme. Il est dans l’attente de son procès. Face à lui, un avocat tente de le cerner et de découvrir les circonstances entourant les crimes qu’il a commis. S’amorce alors une réflexion sur la condition humaine et la folie des hommes, dans un pays qui se remet péniblement d’une guerre fratricide. Parallèlement, Barbe a voulu avec son œuvre proposer une réflexion autour de ce qu’il considère comme « notre ambiguïté face à la violence » et « notre incroyable capacité à vouloir des réponses simples à des questions complexes ». Puisant à même l’actualité, l’auteur s’est inspiré de l’histoire d’un milicien qui a égorgé un bébé. Jean Barbe a saisi cette occasion pour se questionner sur l’itinéraire suivi par un individu pour qu’il en arrive à commettre des actes d’une telle barbarie : « J’ai pensé aux nazis amateurs de musique, connaisseurs des grands peintres. La culture n’est le gage de rien. J’ai fait du monstre un cuisinier, un amateur de bonne chère. J’ai voulu mon monstre normal, semblable à nous tous jusqu’à ce que les circonstances changent. » De façon sarcastique, le romancier souligne que « pour la guerre, [l’homme] se trouve du talent. On admire le talent. On valorise le talent. Le monstre était normal tant qu’il était banal. Il ne devient monstrueux que lorsqu’il devient excellent. Une société qui prône l’excellence est une société monstrueuse », de conclure Jean Barbe. Empruntant à différents genres littéraires, Comment devenir un monstre se donne des airs de quête philosophique, mais également d’enquête policière. L’œuvre dérange aussi par sa lucidité.

0 Replies to “Comment Devenir Un Monstre Dissertation”

Lascia un Commento

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *